16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon, du 5 au 13 novembre 2016

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17° édition du 11 au 18 novembre 2017

Appel à films et projet jusqu'au 30 juin 2017 : Accès aux formulaires d'inscription

Fallega 2011, Chandelles à la Kasbah

Lundi 12 novembre à 16h. Petit Kursaal. • Réalisé par Rafik Omrani • Tunisie, 2011, 52 min, DV PAL 16/9.

Fallega 2011, Chandelles à la Kasbah

Le film raconte l’histoire du premier sit-indu printemps arabe. Après le départ du dictateur Ben Ali, des jeunes de Menzel Bouzayane suivit d’autres de Sidi Bouzid, Rgueb, Meknessi et des quatre coins de la Tunisie font une marche vers la place du gouvernement à la Casba. Ils s’y installent pendant plus d’une semaine. Ils ont une exigence : dissoudre le gouvernement provisoire et élire une assemblée constituante. Après de multiples campagnes de désinformation, le gouvernement décide finalement d’évacuer les nouveaux Fellagas par la force.

Note d'intention

Par Rafik Omrani

Après le 14 janvier, l’urgence, n’était peut-être pas de filmer, mais d’agir en tant que citoyen. En effet, n’étant ni journaliste, ni un bloggeur, Il m’a fallu du temps et du recul pour que je puisse reconstituer ma conception de cette réalité révolutionnaire, d’élaborer un regard différent.

Un état d’inquiétude m’empêchait de m’inscrire dans un processus de captation superficielle du réel, de produire une image «consommable» de la révolution.

Le 23 janvier, des jeunes arrivés de l’intérieur tunisien, comme ça, sans garanties, se sont lancés dans cette manifestation pacifiste mais rude contre le système qui refuse de baisser les bras. Le contenu médiatique marqué par une vague de désinformation massive, a éveillé en moi le besoin de filmer. Cette envie magnifique de se lancer dans l’incertain, de se battre derrière sa caméra pour présenter une image qui va à contre-courant, de mener une réflexion sur ce qui se passe et sur mon rapport même aux événements.

C’est peut-être aussi un devoir de témoigner, de protéger notre futur du mensonge dans la présence d’une image fausse, diffusée, à ce moment là, par les médias institutionnels officiels. Le chemin de la liberté commence par être vrais, dire les choses telles qu’elles sont et avec justesse, par « vivre » et non « prétendre ». Telle était ma conviction.

Ayant cerné ce « pourquoi filmer », il était dès lors possible de se rapprocher davantage du sujet à filmer : le sit-in de la Kasba 1.

Le sit-in à la place du gouvernement après une marche de centaines de kilomètres à pied étant un acte militant qualitativement innovant, il nécessite une démarche documentaire tout aussi rebelle, audacieuse et impliquée.

Il s’agit de poser son propre regard sur un aspect de la réalité. La visée étant de faire voir au spectateur la vie des jeunes révolutionnaires, leur quotidien journalier dans le sit-in de la Kasba, leurs moments de gloire et de défaite, leurs rêves et leurs déceptions.

L’objectif est de leur donner la possibilité de s’exprimer. Une possibilité dont ils étaient souvent privés. Mais aussi de m’exprimer à mon tour, et de m’impliquer encore plus à travers deux types de voix-off. Ces deux voix instaurent un aspect polyphonique dans l’ambiance sonore du film, mais traduisent aussi mon hésitation, mon inquiétude, mon identité complexe de citoyen et réalisateur à la fois…

Quand à la caméra, c’est une caméra naturelle et spontanée. Le montage est à la fois désordonné, qui renvoie à la situation, mais permettant de raconter et d’interpréter les faits et les événements tout en gardant cet aspect complexe, ce mélange de faits et d’émotions.

J’essaye de traduire cette complexité du sujet à travers des images qui tentent de s’éloigner du « discours officiel » et « objectif » que mènent les télévisions. On est même sur un ton accusateur des fois. La tâche n’est certainement pas facile, en commençant par les choix esthétiques et narratifs et en arrivant aux contraintes du terrain. Mais l’aventure est séduisante.

Rafik Omrani

Rafik Omrani

Il est né en 1979, au Kef, ville du nord-ouest Tunisien. Titulaire d’un Master de recherche en Sciences et Techniques de l’Art à Institut Supérieur des Beaux Arts de Nabeul. Il a réalisé : Ali weld soltana court-métrage de fiction, La poule de sabaa court-métrage d’animation, Fallega 2011 est son premier film documentaire.

 

 
 

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