16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon, du 5 au 13 novembre 2016

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16° édition du 5 au 13 novembre 2016

Afri-Mômes : pour les spectacles et surtout celui au Sénacle il est préférable de réserver en contactant Martine Desgranges au 07 68 35 48 94

Vues d’Afrique

Du 10 au 18 novembre de 13h30 à 19h
11 novembre ouverture à 10h
Vernissage le lundi 12 novembre à 18h30.

Grand Kursaal, Salle Proudhon

Plus de 25 projets présentés pour 10 de retenus en photographie et un sur le diaporama. Des carnets de voyages, des rencontres, des ambiances et surtout des tranches de vies à partager avec les photographes. La diversité des pays et des thèmes nous montrent encore une foi une Afrique mosaïque et riche.

Chaque jour les photographes sont présents à tour de rôle pour expliquer leur démarche. Rencontre possible pour les scolaires sur demande.

Action coordonnée par Daniel Toffel.

Bernard Trotereau – Les mobylettes de Djerba

La mobylette est omniprésente en Tunisie. Moyen de locomotion bon marché, léger, facile à réparer et tout terrain : on la trouve en ville, bien sûr (celles-ci ont été photographiées dans les ruelles ou sur les places de Houmt Souk, sur la presqu’île de Djerba), mais également en bordure du désert, certains n’hésitant pas à les enfourcher pour le traverser. Quasi rutilantes ou couvertes de rouille, le charme de ces vieilles « mobs » est en tout cas indéniable.

Bernard Trotereau

Bernard Trotereau

Bernard Trotereau, né en 1958, Franc-Comtois d’adoption, éducateur et formateur, militant associatif et syndical, photographe amateur et peintre, voyageur. En Afrique : Burkina Faso, Maroc, Sénégal, Tunisie.

 

Daniel Toffel – Femmes dans l'extrème nord du Cameroun

Dans la plupart des pays d’Afrique, les femmes ont des conditions de vie assez difficiles. Au Cameroun, c’est dans le région de l’Extrême Nord que le niveau de pauvreté des femmes est le plus fort.

Elles travaillent beaucoup pour élever les enfants et faire vivre la famille.

Leur rôle est très actif dans l’agriculture. Elles sont responsables de la production vivrière. Au début de la saison des pluies, elles préparent les terres pour les plantations et ensuite elles font les récoltes. Elles consacrent environ 8 heures par jour à ces tâches agricoles.

Les femmes accomplissent également tous les travaux domestiques, de la préparation des aliments à la collecte du bois de feu et de l'eau.

Ce sont elles aussi qui élèvent la volaille et le petit bétail autour de la concession (concession : habitation traditionnelle).

Pour vendre les produits de leurs récoltes, les femmes sont très présentes sur les marchés ou au détour d’une rue où elles proposent à la vente quelques nourritures, beignets de maïs par exemple, des légumes ou encore des petits sachets de différentes épices.

Daniel Toffel

Daniel Toffel

Bisontin depuis 61 ans, je suis encore en activité professionnelle.

Photographe amateur, j’ai eu mon premier appareil photo à l’âge de 10 ans. La photo est l’une de mes passions.

Depuis 3 ans, je suis membre de l’Association Solenca (Solidarité Enfance Cameroun), basée à Pirey, ce qui me permet d’effectuer des séjours dans la province de l’Extrême Nord du Cameroun.

Cette province est la plus peuplée et Cameroun et en même temps une des plus pauvres. La région est très montagneuse, le climat, chaud et sec, sahélien.

La majorité de la population vit de l’agriculture. La population augmente rapidement et il n’y a plus guère de terres libres pour les cultures alors que cette région est encore très rurale et agricole. Sont cultivés le sorgho, l’arachide, le maïs et le coton. Souvent, les familles élèvent aussi du petit bétail : poules, moutons, chèvres.

À chaque séjour, je découvre un peu plus la population et j’essaie de prendre des photos d’enfants, de femmes, d’hommes dans leur vie de tous les jours.

Je présente des photos de femmes dans leur activité quotidienne, pour certaines la culture, d’autres la vente sur les marché de leur récolte…

Claire Schmitz – Cap Vert

Au large des côtes africaines, à hauteur du Sénégal, s’égrènent 10 îles volcaniques, dont 9 sont habitées.

Chaque île est un voyage en soi : des plages, des volcans, des vallées luxuriantes, des sites extraordinaires, une nature à la beauté sauvage.

Cesaria Evora a révélé au monde la beauté du Cap Vert, indépendant depuis 1975, après une longue colonisation portugaise. Archipel au carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique du Sud. On y retrouve l’influence des 3 continents, avec un métissage racial et culturel étonnant. Le trafic des esclaves a sévi durant une longue période.

Quatre de ces îles vous sont présentées :

  • Santiago : l’ile capitale, agricole, au créole très prononcé, la plus africaine de toutes
  • São Antago : grenier du Cap Vert, au parfum d’eucalyptus, de café et de canne à sucre.
  • São Vincente : l’île musique avec son carnaval, berceau de Cesaria Evora.
  • Fogo : l’ile du volcan et ses paysages de l’immense caldeira et ses coulées récentes de la dernière irruption en 1995. Fogo signifie feu, elle mérite bien son nom, avec les pentes du Mont Fogo recouvertes de cendres.

Claire Schmitz

Claire Schmitz

J’ai les valises encore prêtes pour un nouveau départ vers l’Afrique, cet Immense continent, avec des paysages passant du vert profond au bleu Intense, terre multiple et de contraste.

Depuis ma retraite, ou mon « temps choisi », je consacre une partie de mes activités aux voyages.

Après le Mali en 2009, l’Éthiopie en 2010, le Cameroun en 2011, j’ai découvert le Cap Vert en 2012.

Lors de mes voyages, j’opte pour des associations ou des agences de voyages qui me permettent de loger chez l’habitant. D’une part pour partager leur quotidien, mais aussi pour développer un tourisme équitable.

J’espère que ces quelques photos d’amateur, sans prétentions, prises avec un petit appareil numérique, vous sensibiliseront à ce magnifique archipel où chaque île est différente. Je n’ai rencontré que les habitants de Santiago, São Vincente, São Antago et Fogo parmi les 9 iles à découvrir. L’île de Fogo est particulièrement impressionnante avec son volcan culminant à 2 820 m d’altitude. Avis aux amateurs de vulcanologie…

Sabine Le Varlet – L'eau à Madagascar

Les photos ont été prises lors d'un voyage organisé avec Jean-Charles (MadaCircuit) dans la partie centre, est et ouest de Madagascar en septembre 2011.

« À Madagascar, plus de la moitié de la population n'à pas accès à l'eau potable. » UNICEF, conférence de presse, août 2012.

« L'eau occupation principale des femmes et des enfants durant la journée. » Midi Madagasikara

Une goutte d'eau tombe du ciel. Elle ne pourra plus que descendre vers l'océan, mais entre-temps, elle se sera retrouvée à la pointe du bec d'un drongo malgache, dans un seau, une bouteille…

Sabine Le Varlet

Sabine Le Varlet

Née le 08/08/1950 à Valence. Étudie IUT publicité, beaux-arts, faculté de Lettres à Besançon puis École Normale à Dijon. Professeur français-anglais au collège de Rioz jusqu’en 2010. 2010-2012, auditrice libre à l’Institut Supérieur des Beaux-arts de Besançon, cours du soir. Voyages à Sulawesi, en Kirghizie et Ouzbékistan, au Kenya, en Namibie, Madagascar…

 

Christian Jeantelet – Tangassogo

Les photos présentées ont été prises dans leur grande majorité, à Tangassogo, petit village isolé du sud du Burkina Faso, situé à quelques kilomètres du Ghana.

Tangassogo est composé de 11 hameaux, éparpillés dans un environnement de savane arborée.

Chaque hameau est composé de « concessions familiales » : ensemble de cases à toit – terrasse- qui peuvent accueillir jusqu'à plus de cent personnes. Ce village présente les plus belles fresques décoratives et murs peints de la région, typiques de la culture Kasséna Les photos de Tangassogo contenues dans ce document ont été prises pour l'essentiel, dans la concession de la famille Allou.

L’architecture, la décoration des habitations Kassena appelées concessions, et la vie quotidienne de ses habitants constituent le fil conducteur de cette série de photos.

L'habitat traditionnel est construit selon la technique de la motte ou du colombinage de banco (terre, bouse et eau). Cette technique est remplacée de nos jours par la fabrication de briques moulées en terre crue.

Dans la société Kassena, la peinture murale est une tradition encore très présente.

Ce sont les femmes de la concession qui procèdent collectivement à la décoration extérieure des habitations selon des techniques qui peuvent être différentes.

À Tangassogo, les peintures sont particulièrement bien conservées.

Dans la technique traditionnelle encore très utilisée en pays Kassena, les femmes appliquent un enduit de quelques centimètres d'épaisseur constitué d'argile et de bouses de vaches mélangées à l'eau. Des motifs sont ensuite tracés sur ce fond à l'aide de différents mélanges d'eau et de graphite, de latérite, ou de kaolin...

La dernière opération consiste à passer une couche de "vernis" naturel à base de décoction des cosses de néré.

La technique contemporaine de décoration utilise le goudron. Les femmes peignent les motifs décoratifs sur un fond blanc constitué de poudre de kaolin mélangée à l'eau.

Si une large place est laissée à l'imagination et à l'improvisation, la plupart des motifs symbolise de manière abstraite des éléments ayant une signification forte pour les KASSENA (feuilles de mil, tambours, filets de pêche, calebasses...)

À l'intérieur de la concession, la vie s'organise autour des habitations traditionnelles qui comptent de nombreux toits en terrasse.

Diin Lama France

Diin Lama France est une association créée en 2008.

Son but vise à aider le village de Tangassogo dans son développement social, sanitaire et culturel, en partenariat avec l’association burkinabé Diin Lama.

C'est en 2004 qu'a eu lieu la rencontre entre les deux fondatrices de Diin Lama France et Nabili, lequel leur a présenté Diin Lama, association qu'il avait créée avec des amis, étudiants pour la plupart, afin de promouvoir la culture du Pays Kassena et favoriser le développement de son village.

À la suite d’un séjour sur place, l'idée est née de créer une association en France afin de soutenir les projets de Diin Lama et du village de Tangassogo.

La philosophie de Diin Lama France est de soutenir des projets portés par Diin Lama et menés en collaboration avec la population locale.

Diverses actions ont ainsi été conduites, au bénéfice de l'école existante, du dispensaire, des groupements féminins. En outre, un partenariat a vu le jour entre les deux associations pour la construction d’un complexe scolaire, projet en cours depuis 2009 (plus d’infos sur : www.diinlamafrance.org).

Étymologiquement, en langue kassena, « diin lama » est un mot composé de deux racines : « din » signifie le passé, la culture, la tradition et « lama » : bon, vertueux. Littéralement « diin lama » signifie donc que la culture est vertueuse. D’où sa philosophie : « Aller de l’avant tout en conservant notre culture ».

Christian Jeantelet

Christian Jeantelet

Franc-comtois d’origine, je demeure près de Besançon et exerce mon activité professionnelle dans cette ville. Ma passion pour les voyages et la photographie m’a conduit à plusieurs reprises à séjourner en Afrique (Mauritanie, Lybie, Mali, Niger, Tunisie, Algérie, Maroc, Burkina…).

Les clichés que j’ai souhaité partager avec le public de l’exposition « Vues d’Afrique » ont été pris en février 2011, en pays Kassena, dans le sud du Burkina Faso, et plus précisément dans le village de Tangassogo que j’ai connu par le biais de mon adhésion à l’Association Diin Lama France qui soutient, dans ce village, plusieurs projets humanitaires, notamment dans le domaine de la scolarisation. Tangassogo se singularise par l’architecture de ses habitations et les peintures murales qui décorent leurs murs.

Les photos présentées n’ont d’autre prétention que d’apporter un témoignage de la culture Kassena et de la vie quotidienne des villageois de cet endroit d’Afrique. Puisse ce modeste compte rendu photographique faciliter une meilleure acceptation des diversités et conduire à plus de tolérance et d’humanisme.

Céline Gayet – Regards

Asunoes-France est une association locale qui s'occupe de l'école de sourds de Louho à Porto-novo au Bénin. Elle réalise des actions pour financer la scolarité d'enfants sourds, mène différents projets, le dernier étant l'installation de panneaux photo-voltaïques à l'école par une équipe d'enseignants et d'élèves du lycée Montjoux.

Lors d'un voyage des membres de l'association, en avril 2012, j'ai découvert pour la première fois un pays d'Afrique noire. Je suis tombée en amour pour le Bénin et leurs habitants.

À travers mes photos, j'ai souhaité immortaliser cette émotion qui n'a cessé de m'habiter pendant ces 14 jours de découvertes, le bouleversement intérieur que ces rencontres on provoquer chez moi.

L'intensité des regards de ces enfants illustre à merveille leur chaleur, leur générosité, leur passion , leur curiosité… Ils offrent sourires et messages d'amour sans compter.

Regard de braise
Carlos est élève entendant de l'école de Louho et fait partie de sa troupe de danseurs. Son regard en dit long sur la passion qu'il a de la danse.

Rêves communs
Bérénice (entendante) et Francine (sourde) sont d'inséparables amies. Elles rêvent ensemble.

Regards d'enfants des tata somba
Ils voient des blancs parfois pour la première fois et nous auscultent du regard.

Liberté
Un regard aux couleurs de la liberté…

Regards de p'tites fées
Regards en amendes, ses lutines me fascinent…

Regard dans le mille
Lors d'une messe vodum, les couleurs tournoient autour d'un regard ré-haussé d'un point blanc.

L'heure est grave
Le lundi matin, à l'école de Louho, on lève le drapeau Béninois et l'hymne nationnal retentit… en langue des signes.

Beauté de perles
Une danseuse, perles de cheveux, perles de sueur…

Regard sourire
Avec son baluchon, elle arrive, elle repart, elle sourit de liberté…

Regard couleurs
Enfant de couleur, enfant de couleurs…

Céline Gayet

Je m'appelle Céline Gayet, j'ai une quarantaine d'années et j'ai deux grandes filles en lycée. Je suis prof de maths en collège et suis passionnée de poterie. J'ai un atelier à la maison et pratique essentiellement le raku. J'aime mettre en scène mes poteries et en faire de belles photos.

Mon père m'a offert mon premier appareil photo pour mes 15 ans (un Zenith) et j'ai toujours aimé rechercher de beaux clichés, avec une préférence pour les portraits.

Depuis plusieurs années, je suis membre de l'association Asunoes-France qui s'occupe d'une école de sourds au Bénin. C'est dans ce cadre que j'ai eu l'immense privilège d'accueillir trois jeunes béninoises à la maison, pendant 12 jours, et de participer à un voyage de 2 semaines au Bénin en mars 2012. J'ai ainsi découvert un magnifique pays où les gens sont beaux et généreux. Ce fut un choc pour moi, les personnes que j'ai croisées m'ont bouleversée et transformée à jamais. Lorsque je regarde les portraits que j'ai faits, j'y vois toute la tendresse que j'ai pour eux (notamment dans les portraits de Bérénice et Francine que j'ai connues plus amplement) ainsi que la fascination que j'ai pour leur beauté.

Jean-Luc Dufay – Lumières du Bénin

On me reprochera peut-être ce titre apparemment volé à « Lumières d’Afrique ». Tant pis ! Un vol de lumière ne peut qu’être à demi pardonné. Car c’est bien de lumière(s) qu’il s’agit ici.

Ces photographies datent d’un voyage réalisé au Bénin en 2007. Avec ma femme et deux cousins médecins, nous nous sommes déplacés dans le tiers-sud du pays (entre Cotonou/Porto-Novo et Savé/Savalou), dans une vieille Peugeot conduite par Roméo, chauffeur domicilié à Cotonou dont nous louions les services et qui nous fut un allié précieux pour entrer en contact avec le pays et ses habitants.

C’était notre premier voyage en Afrique subsaharienne et, à ce jour (mais provisoirement !), le seul.

Quelques jours, même bien accompagnés comme nous l’étions, c’est bien peu. Inutile de dire que je ne prétends pas avoir tout compris des réalités économiques, sociales et culturelles de ce petit pays bordant de Golfe de Guinée, sur le flanc ouest du grand Nigéria.

Par contre, la brièveté de ce voyage (une dizaine de jours) ne m’a pas empêché de vivre un véritable enchantement visuel. Et ceci en dehors de tout exotisme de pacotille. L’incroyable présence corporelle des habitants, la force de leurs regards, la disposition des objets dans l’environnement humain, voilà quelques-uns des éléments qui m’ont fortement impressionné. Pour en rendre compte, j’ai eu envie à mon retour en France de transférer en noir et blanc quelques clichés et de leur faire subir une modification des lumières grâce à Photoshop.

Cette modification ne me donnait pas satisfaction à tous les coups. Mais par moments, la magie fonctionnait à mes yeux, et j’espère vous serez sensible à cette mise en lumière qui permet à la fois, selon moi, prise de distance et intimité avec le sujet.

Jean-Luc Dufay

Jean-Luc Dufay

Je suis professeur d’histoire–géographie au lycée Victor-Hugo, à Besançon.

Mon rapport à la photographie s’inscrit dans un cadre plus large du rapport à l’image : depuis des décennies, je dessine, grave et peins. (Expositions récentes au Conseil Géneral, au Centre diocésain, aux Bains-Douches, à l’atelier de Thérèse Demonchy à Auxon-Dessus). Dans ma vie de tous les jours, mon FZ 47 Panasonic est un compagnon fidèle. Par ailleurs j’ai effectué des recherches universitaires sur les travaux de mon grand-père Louis Dufay, pionnier de la photographie et du cinéma en couleurs, dans le premiers tiers du XXè siècle.

Mon rapport à l’Afrique est de nature d’abord intellectuel : enseignant l’histoire et la géographie, je ne peux que m’intéresser, et depuis bien longtemps, à l’évolution géopolitique de ce continent. Sa littérature ne m’est pas indifférente (J’ai naguère été passionné par le théâtre de Wole Soyinka, et plus récemment par les romans d’Alain Mabanckou).

J’ai voyagé en août 2007 au Bénin, voyage dont sont tirées les photographies exposées cette année. J’espère me rendre dans les années à venir dans d’autres pays de l’Afrique subsaharienne.

Pierrette Deschaseaux – Sur les marches du Cameroun

Comment rendre compte, en quelques photos, de toutes les impressions que vous inspire un voyage en Afrique ? Comment faire ressentir les couleurs, les odeurs, la relation humaine avec les Africains ? Le challenge est difficile !

À travers ces photos, je souhaiterais faire partager quelques instants d’émotion : émotion sur ces nombreux marchés du Cameroun, où tout est déballé à même le sol, parfois dans la boue, où l’on voit des gens souvent extrêmement pauvres essayer de vendre trois malheureuses tomates, où même… des rats qu’ils ont chassés ! Où les médicaments, produits rares et chers, sont vendus à l’unité, et souvent à la sauvette. Où des fillettes portent fièrement sur la tète des bassines remplies de bananes ou de cacahuètes. Où des artisans, souvent très jeunes, façonnent des outils à la sueur de leur front, au sens propre du terme. Mais aussi émotion artistique devant les couleurs des tissus africains, des bassines et sandales en plastique, des épices et des légumes.

Il est impossible par contre, grâce à une photo, de rendre compte de l’atmosphère qui règne sur ces marchés : délicieux parfums des épices ou puanteur des poissons et des abats, foule grouillante, joyeuse et sonore, qui contraste avec l' anxiété des petits vendeurs et vendeuses qui parfois ont le ventre vide, peu de produits à offrir, et ignorent s'ils auront encore de quoi vivre demain.

Bref, ces quelques photos ne rendront compte que très partiellement de « mon » Afrique, telle que je l’ai découverte à plusieurs reprises, et que je compte bien continuer à parcourir.

Pierrette Deschaseaux

Pierrette Deschaseaux

Proviseur-adjoint aujourd'hui retraitée, je dispose enfin du temps nécessaire pour me livrer à mes passions, notamment les voyages à la découverte de cultures et de civilisations différentes de celles d’Europe.

Vaste continent constitué de pays et de peuples très divers, l’Afrique offre au voyageur novice une multitude d’expériences nouvelles et formatrices.

J'ai eu la chance de visiter un peu plusieurs pays d'Afrique, le Burkina Faso, et le Sénégal. Plus récemment, ce fut le Cameroun dans le cadre d'une toute petite association humanitaire, Solenca (SOLidarité Enfance CAmeroun), qui aide à la scolarisation des enfants du Nord Cameroun. Dans tous ces pays, j'ai adoré me promener sur les nombreux marchés de ville ou de campagne, si représentatifs de la vie africaine. La photographe amatrice que je suis s'y délecte des couleurs et de la diversité des scènes qui s'offrent à l'objectif.

Depuis mon adolescence, j'aime fixer les paysages et les gens sur pellicule photo, tout en sachant que cet exercice ne rend compte que très imparfaitement des expériences et des émotions qu'on peut connaître lorsqu'on découvre un pays d'Afrique.

Annie Borsotti - Les Pirogues de Saint-Louis du Sénégal

Annie Borsotti

Annie Borsotti

Très attirée par l’Afrique depuis une histoire entendue en maternelle et qui m’avait laissée inconsolable, j’y ai effectué de nombreux voyages dans la partie nord et ouest (Maroc, Tunisie, Algérie, traversée du Sahara, Burkina Faso, Niger, Mali et Guinée) pendant mes périodes de congés, entre 1983 et 2011. J’ai franchi le pas de l’installation permanente et réside au Sénégal depuis septembre 2011. J’y occupe le poste de directrice de l’École française de Saint-Louis et j’apprends à connaître le pays, à travers certains de ses enfants, de leurs familles et aussi, bien sûr, de toute la société environnante. Enrichissant mais pas toujours simple !

Daniel Bobillier – Architecture du Maroc

J'ai choisi de présenter des photos se rapportant à l'architecture au Maroc et par la même à l'urbanisme parce que j'ai relevé que ces sujets étaient peu traités dans les expo, les reportages… eu égard à l'importance (41% sur 1 milliard) et au développement rapide de la population urbaine africaine. Les enjeux urbanistiques et d'habitat y sont donc majeurs. Parce qu’aussi, puisque photographier c'est montrer ce que l'on voit, ne montrer que du pittoresque, c'est ne voir que du pittoresque et je ne suis pas « confortable » avec ça, il y a une ambiguïté… on peut ainsi entretenir des stéréotypes ou des visions un peu trop univoques de la réalité.

J'ai voulu montrer dans ma sélection que le Maroc, c'est aussi des beaux bâtiments, des belles villes « non impériales ». La première fois que je suis allé à Casablanca, c'était en 2002, je n'ai pas arrêté de photographier des bâtiments. J'avais un peu l'impression que du temps du « protectorat », les architectes et urbanistes français avaient réalisé là bas ce qu'ils n'avaient pu que modestement réaliser en France entre les années 1920 et 1940 à l'instar du quartier Gratte-Ciel à Villeurbanne : créer de nouvelles centralités urbaines, avec des nouveaux immeubles stylés en béton (style art-déco à Casa, ou gratte ciel du peuple à Villeurbanne…). Dans les pays en développement, les nouvelles démarches architecturales et urbanistiques s'imposent beaucoup plus vite et avec plus d'intensité que dans les pays déjà développés. C'est je crois le cas au Maroc. J'ai aussi voulu montrer que l'architecture… c'est de l'histoire contemporaine, que c’est de la pierre ou de la roche reconstituée, des matériaux, de la peinture, des vitrages, des technologies et de l'histoire de ces technologies, et que c’est très vivant.

Daniel Bobillier

Daniel Bobillier

J’ai commencé à voyager en 2001 dans les hôtels club avec mon fils alors enfant. Quoique cette affirmation n'est peu être pas tout à fait juste, tout en restant en France par mes fréquentations, j'avais déjà voyagé en Côte d'Ivoire. J'avais envie de voir ce pays mais après la tentative de coup d’État de septembre 2002 qui n'a pris fin qu'en 2011, elles m'ont conseillé de reporter.

En voyage, j’aime parcourir les villes et les montagnes à pieds. Dans les villes, j'essaie de voir tous les types de quartiers. Je crois qu'outre son intérêt mémoriel, artistique… la pratique de la photographie force à l'observation et par la même, à un début de compréhension des choses. Beaucoup de mes photos se rapportent à cette démarche. De fait, elles ne sont pas forcément belles, elles sont même souvent banales.

Dans la photo, il y a aussi le désir tout simple de montrer ce que l'on voit pour le remontrer ensuite ou pour le conserver. Je suis donc très content d'avoir été retenu dans le cadre de l'expo photos de « Lumières d'Afrique 2012 ».

J’ai beaucoup voyagé au Maroc depuis 2002, j’aime beaucoup ce pays et ses habitants. J’y ai voyagé seul mais on n’est jamais tout à fait seul là-bas, on rencontre toujours des gens avec qui discuter qui s’intéressent à vous, qui sont curieux… et comme je le suis aussi.

Michel Bétourné - Un jour, au souk berbère de Tighdouine (Haut Atlas marocain)

Visions colorées, chaudes, contrastées

Odeurs sucrées, acides, tenaces

Paroles fortes des hommes, murmures des affaires

Chuchotements des rares femmes, en langue chleuh

Grincements des carrioles,

teuf-teuf des estafettes

Braiement des ânes dans leur aire

Appels du muezzin pour la prière;

Tous nos sens en alerte au souk montagnard de Tighdouine !

Michel Bétourné

Michel Bétourné

Photographier :

…regarder

…s'arrêter, se laisser surprendre

…composer avec les couleurs,

…saisir un geste, une mimique, un regard

…communiquer, fusionner des instants

…conserver, éterniser

…montrer, partager

un échange, une émotion, un plaisir, une gourmandise… renouvelés.

 
 

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