16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon, du 5 au 13 novembre 2016

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17° édition du 11 au 18 novembre 2017

Appel à films et projet jusqu'au 30 juin 2017 : Accès aux formulaires d'inscription

Andalousie mon amour (الأندلس مونامور)

Samedi 10 novembre à 20h30. Petit Kursaal. Soirée d’ouverture en présence de Paulin F. Fodouop. Réalisé par Mohamed Nadif • Maroc, 2011, 86 min • Avec Youssef Britel, Mohamed Nadif, Mehdi Ouazzani, Asmâa El Hadrami, Hicham Mesbah, Mohamed Choubi, Yasmina Bennani, Ali Esmili, Rachid Mountasa, Paulin F. Fodououp, Mohamed Ouarradi.

Andalousie mon amour

Saïd et Amine, deux jeunes étudiants de Casablanca, rêvent d’Europe. Ils se retrouvent dans un petit village au nord du Maroc. Avec l’aide de l’instituteur, ils prennent une barque pour la côte européenne mais font naufrage. La mer rejette Amine sur la côte du village. Saïd échoue sur une plage espagnole. L’Andalousie semble bien étrange pour lui. Et Amine, dans son village marocain, observe des phénomènes bizarres…

Andalousie mon amour (الأندلس مونامور) est une comédie nous contant les aventures d’Amine (Ali Esmili) et Saïd (Youssef Britel), deux jeunes originaires de Casablanca. Dans leur ville côtière, la vie est difficile, et les deux amis rêvent d’ailleurs, plus précisément de l’Europe. Alors, comme tant d’autres avant eux, ils prennent la route du Nord vers un petit village du bord de la Méditerranée, à quelques encâblures de l’Espagne.

Leur plan est de prendre une barque afin de traverser le bras de mer et de rentrer clandestinement en Europe par les plages andalouses. Au village, ils font la rencontre de différents personnages hauts en couleur, dont le maire du village (Mehdi Ouazzani), personnage de fort caractère à la position bien affirmée, et surtout l’instituteur, incarné par Mohammed Nadif, harrag de cœur, qui ne rêve que de rejoindre la terre de ses ancêtres Maures dans les plaines d’Andalousie.

Avec son aide, Amine et Saïd vont prendre la mer à bord d’une barcasse censée les conduire à la terre de richesses à laquelle ils aspirent. Mais les choses ne vont pas se dérouler comme prévu, et un naufrage va séparer les deux amis. La mer rejettera Amine sur la côte du village qu’ils viennent de quitter, alors que le destin de Saïd l’entrainera sur les plages andalouses.

Mais, pour ce dernier, l’Espagne va se révéler bien différente de ce qu’il avait imaginé… Il atterrit dans un centre de transit étrange, où l’on cultive apparemment du cannabis, et où il va être mis au travail en échange de son passage. Amine, de son côté, va être témoin de phénomènes étranges vis-à-vis de la population du village. Tous deux vont finir par réaliser qu’ils sont victimes d’une escroquerie, et que l’Andalousie de leurs rêves est plus loin qu’ils ne l’imaginaient…

Mohamed Nadif

Mohamed Nadif

Mohamed Nadif a d'abord affûté ses armes au théâtre, en tant que comédien et metteur en scène, avant d'arriver au cinéma. Après l’Institut Supérieur d’Art Dramatique et d’Animation Culturelle à Rabat (spécialité interprétation), il prolonge sa formation à l’Université Paris-X où il obtient un diplôme d'Etudes Approfondies (DEA) en Théâtre et Arts du spectacle.

Il a aussi tenu des rôles principaux dans plusieurs films et téléfilms.

Il a écrit et réalisé trois courts métrages : La jeune femme et l'ascenseur (2005 – 9 min), La jeune femme et l'Instit (2007 – 16 min) et La jeune femme et l'école (2009 – 10 min). Andalousie, mon amour ! est son premier long-métrage.

Critique

Par Fatima-Ezzahra Saâdane

Mohammed Nadif, voulait faire un film intelligent. C’est chose faite ! Le jeune réalisateur Mohamed Nadif, a réussi le pari de produire une comédie légère qui traite une problématique épineuse. Il s’agissait de passer sous la loupe la question de l’immigration clandestine. Dans ce film, Nadif s’éloigne de l’approche adoptée par les autres cinéastes qui ont déjà abordé la question. Il pratique plutôt une nouvelle démarche, un nouvel angle d’attaque.

Le film colle à la trajectoire de Saïd (Youssef Britel) et Amine (Ali Essmili), depuis le moment où ils décident de quitter leur Casablanca natale, pour le nord du royaume, jusqu’à celui où ils s’installent dans un petit village, afin de préparer leur passage d’une manière illégale vers l’autre rive de la Méditerranée. Dans un premier temps, les deux jeunes hommes font la rencontre du responsable de la gendarmerie de la région (Mohamed Choubi) et de l’instituteur du village (un personnage excentrique qui rêve de rejoindre l’Espagne, le pays de ses ancêtres mauresques, interprété par Mohamed Nadif). Vient ensuite la rencontre du puissant président de la commune (Mehdi El Ouazzani). Un tournant dans la vie des différents personnages. Avec l’aide de l’instituteur, les deux étudiants prennent une barque pour la côte européenne. Mais ils font naufrage. La mer rejette Amine sur la côte du village tandis que Saïd échoue sur une plage andalouse. Et puis, les deux amis, chacun de leur côté, observera d’étranges phénomènes… avant de se rendre compte qu’ils sont victimes d’une escroquerie odieuse. Ainsi, le cinéaste traite avec subtilité et humour un fléau aussi dérangeant que celui de l’immigration clandestine. Il prouve donc qu’il est toujours possible de s’attaquer à des problématiques sérieuses en optant pour la comédie et non pour le drame ou le mélodrame.

Il n’est pas donc facile de repérer des ressemblances avec ce premier film et ceux qui l’ont précédé. Les partis pris de mise en scène, l’histoire originale et les situations comiques qui arrivent facilement à arracher le sourire au spectateur semblent relever d’un code de bonne conduite du jeune cinéaste. Le jeu des acteurs fait partie également de ces ingrédients qui font de cette comédie un film intéressant, loin d’être ennuyeux. A la fois devant et derrière la caméra, Nadif, par exemple, offre une interprétation d’une justesse saisissante. Tourné dans plusieurs régions du maroc, notamment Casablanca, Tanger et Tétouan, ce film a été sélectionné dans la section « Coup de cœur » lors de la dernière édition du Festival de Marrakech. Il a remporté le prix de la première œuvre au festival de cinéma d’Oran. Andalousie, mon amour ! a été inscrit dans plusieurs festivals à travers le monde.

 
 

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