16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon, du 5 au 13 novembre 2016

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17° édition du 11 au 18 novembre 2017

Appel à films et projet jusqu'au 30 juin 2017 : Accès aux formulaires d'inscription

La Pirogue

Dimanche 11 novembre à 18h. Cinéma Victor Hugo. • Réalisé par Moussa Touré • France/Sénégal/Allemagne, 2011, 87 min • Avec Souleymane Seye Ndiaye, Laïty Fall.

La Pirogue

Un village de pêcheurs dans la grande banlieue de Dakar, d’où partent de nombreuses pirogues. Au terme d’une traversée souvent meurtrière, elles vont rejoindre les îles Canaries en territoire espagnol. Baye Laye est capitaine d’une pirogue de pêche, il connaît la mer. Il ne veut pas partir, mais il n’a pas le choix. Son frère fait partie du voyage, le capitaine de la pirogue pressenti ne connait pas assez bien la mer, et au pays, aucun avenir n’est possible… Il devra conduire trente hommes en Espagne. Ils ne se comprennent pas tous, certains n’ont jamais vu la mer et personne ne sait ce qui les attend au bout du voyage…

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Critiques

Par Benoît Thevenin

Ils sont jeunes mais n’ont aucune perspective d’avenir dans leur pays. Ces sénégalais candidats à l’exil pour l’Europe savent qu’ils risquent leur peau, mais ils préfèrent mourir en tentant leur chance plutôt que de rester coincés à Dakar. L’Europe est un Eldorado (même s’ils savent que la crise économique frappe durement l’Occident). Ils rêvent de gloire footbalistique, d’argent et de filles faciles à séduire. Ils rêvent simplement d'une vie meilleure et où tout sera possible…

La Pirogue nous parvient deux ans après Harragas, de Merzak Allouache (2010). D’Alger à Dakar, la jeunesse africaine semble renoncer à s’épanouir sur les terres où chacun est né. Les histoires sont les mêmes. Le modeste canot des « brûleurs » algériens impressionne cependant moins que la longue et somptueuse pirogue sénégalaise.

Le risque avec ce genre de films est celui d’enfoncer des portes ouvertes. Les moyens de la fiction ne sont pas forcément les plus appropriés pour raconter ces aventures humaines, du moins dès lors que le parti pris est celui d’accompagner les candidats à l’immigration tout le temps de leur voyage en mer. Là, l’idée d’un récit de l’intérieur offre peu de marge de manœuvre pour une histoire vraiment originale.

Le voyage entre Dakar et la côté Espagnole dure idéalement huit jours, d’après l’un des personnages au début du film. De là, Moussa Touré va dérouler une dramaturgie très balisée. On compte, malgré nous, les jours et les nuits, et chaque nouvelle journée apporte une nouvelle péripétie : on découvre d’abord un passager clandestin, la pirogue croise le chemin d’une autre en panne sèche et qu’elle ne peut aider, un moteur tombera en panne, une tempête devra être affrontée etc. À chaque jour suffit sa peine, comme autant de passages obligés, d’autant qu’en plus Harragas ne racontait pas autre chose.

La meilleure idée du film reste la pirogue elle même. Elle est une embarcation fascinante, belle, large, longue et puissante, et en même temps très fragile. L’essentielle du film se déroule à son bord, dans une espèce de huis-clos à ciel ouvert. L’espace qu’offre la pirogue laisse libre court au placement de la caméra. Moussa Touré appréhende parfaitement et rigoureusement cet espace.

Moussa Touré

La Pirogue

Moussa Touré est un cinéaste sénégalais, également scénariste et producteur. Né à Dakar, au Sénégal en 1958, il a commencé très jeune sa carrière dans le cinéma en tant que technicien, électricien, assistant-réalisateur) pour réaliser son premier court-métrage en 1987, puis son premier long-métrage en 1991, Toubab Bi, primé de nombreuses fois. En 1997, il réalise TGV, avec Makéna Diop, Bernard Giraudeau et Philippine Leroy-Beaulieu, véritable succès populaire en Afrique. Depuis, il a signé plusieurs documentaires remarqués.

Il dirige sa propre société de production, Les Films du crocodile, basé à Dakar.

Aussi bien comédien, technicien, que réalisateur, Moussa Touré a joué dans plusieurs films. À son actif, on lui compte dans le domaine de la réalisation, une dizaine de films tout genre confondus, dont des documentaires remarqués. Le cinéaste sénégalais a initié le festival « Moussa invite », à Rufisque, au Sénégal. Ce festival fait la promotion de documentaires africains réalisés par des Africains.

Il a été le Président du Jury Films documentaires au Fespaco 2011.

 
 

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