16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon 2017

17° édition du 11 au 19 novembre 2017

Appel à films et projet jusqu'au 30 juin 2017 : Accès aux formulaires d'inscription

Le Retour du fils

Jeudi 15 novembre à 18h. Cinéma Victor Hugo. • Réalisé par Ahmed Boulane • Maroc, 2012, 60 min • Avec Younes Megri, Warren Guetta.

Le retour du Fils

Quinze ans après avoir été kidnappé par sa mère française, Mehdi, aujourd’hui vingt ans, retourne au Maroc pour voir son père Aziz, le jeune homme veut apprendre à connaître son pays natal. Il rencontre une jeune marocaine, Aziz voit d’un mauvais œil cette relation et se dispute de plus en plus fréquemment avec son fils. Un jour, après une discussion particulièrement enflammée, Mehdi s’en va et ne rentre pas le soir à la maison. Le pire cauchemar d’Aziz commence.

Ahmed Boualne sait raconter une histoire. Il a appris au cours de longues années de cinéma en touchant à tout, dans de nombreuses productions étrangères, comment mener sa narration. Sans être un cinéma classique, son travail – comme on a pu l’apprécier dans Ali, Rabia et les autres…, Les anges de Satan ou même dans un sublime court-métrage intitulé Voyage dans le passé – maîtrise les ingrédients du cinéma. Ici, pour ce film, très personnel, Ahmed Boulane raconte l’histoire d’un fils qui revient voir son père, vingt ans après avoir été kidnappé par sa mère. Français et Marocain à la fois, il revient découvrir non pas qui est ce père imaginaire, mais surtout un pays, une culture, un mode de vie et de pensée. Film sur l’identité ? Certes. Mais surtout une belle réflexion sur l’amour entre un père et son fils qui se découvrent.

Et au-delà de cette percée réciproque l’un dans la vie de l’autre, c’est tout un pays qui défile. Évidemment, Boulane aurait pu éviter le cliché des Habouss, cette espèce de couleur locale un peu trop facile. Quoi qu’il en soit, l’intérêt pour nous réside ailleurs. D’abord ce retour du fils est exempt d’amertume. Ce jeune homme de 20 ans qui débarque est à la fois émerveillé, inquiet, assoiffé de tout savoir, mais il n’y a aucune aigreur en lui. Le père, non plus, n’est pas un crétin, mais un type aimant et patient. Et c’est cet échange d’amour entre deux hommes qui rend ce Retour du fils à la fois très beau et très touchant. Mais, comme d’habitude chez Boulane, l’émotion, les sentiments passent avant tout. On sent dans plusieurs scènes que c’est un pan de sa vie qui défile sur les bobines. Alors, sans pathos, mais avec juste ce qu’il faut de douleur fine, Boulane distille du bonheur à voir ce fils porter aux nues ce père, qui, en retour, voit une extension de lui-même prendre forme et se tenir debout. Et pour nous, malgré plusieurs inexactitudes et quelques longueurs et un jeu d’acteurs pas souvent au poil, ce film est un bel hymne à l’amour.

Ahmed Boulane

Ahmed Boulane

Ahmed Boulane est un réalisateur marocain, né le 4 décembre 1956 à Salé.

Considéré comme « l'enfant terrible du cinéma marocain » pour ses frasques auprès des journalistes et de ses confrères réalisateur, il est pourtant considéré comme un des réalisateurs marocains les plus doués, même si sa venue à la réalisation fut tardive.

Après un passage à la télévision marocaine et un séjour en Italie, il revint au Maroc ou il travailla pendant 25 ans dans tous les postes du cinéma : acteur, régisseur, directeur de casting, assistant réalisateur dans une cinquantaine de longs-métrages pour les plus grands : Giuliano Montaldo, Carlo Di Palma, Alan J. Pakula, Philippe de Broca, Jean Delannoy, John Landis, etc.

Son premier court-métrage, Voyage dans le passé, fut un coup de tonnerre au Maroc : il reçut le prestigieux Prix du Vatican et lui permit de réaliser son rêve : un long-métrage.

Son premier long métrage, Ali, Rabiaa et les autres… fut retiré des salles de cinéma quelques jours après sa sortie, sans explications. Il entra directement dans la catégorie des films culte marocains. Il remporta plusieurs prix internationaux et donna à Ahmed Boulane une crédibilité immédiate.

Son deuxième long-métrage, Les Anges de Satan, traita d'un scandale qui secoua l'opinion marocaine en 2003 : l'affaire des rockers satanistes. Le film, malgré un tournage mouvementé (des autorisations de tournages refusées au dernier moment malgré les promesses), sorti finalement la même semaine que le film 300, devint le premier au box-office de 2007 au Maroc, devançant des films comme Harry Potter. Il reçut le Prix de la Meilleure Musique au Festival Internation de Tanger, le Prix du Jury au Avanca International Film Festival, au Portugal, et deux Mentions Speciales au Festival de Goa.

Le dernier film de Ahmed Boulane, Le Retour du Fils est un projet qui a pris 10 ans avant sa réalisation. Il est sortit sur les écrans le 7 mars 2012.

 
 

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