16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon 2017

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Soirée de clôture & Le Secret de l’enfant fourmi

Samedi 17 novembre à 21h. Petit Kursaal. En présence du réalisateur. • Réalisé par Christine François • France/Bénin, 2012, 108 min • Avec Audrey Dana, Robinson Stévenin, Elie-Lucas Moussoko.

Le Secret de l’enfant fourmi

En voyage dans le Nord Bénin, Cécile croise le chemin d’une jeune mère africaine qui lui dépose, affolée, un bébé dans les bras… Cécile va adopter cet enfant africain et Lancelot va grandir en France. L’année de ses 7 ans, elle repart avec lui vers le pays de ses origines et tente de percer le secret qui a entouré son abandon.

Critiques

La réalisatrice Christine François avoue son attirance pour le réalisme documentaire. Après ses précédents films, qui étaient déjà inspirés de faits réels, elle a décidé de reprendre les confidences d'une Française qui avait adopté un enfant béninois, comme point de départ de son premier long-métrage de cinéma, Le Secret de l'enfant fourmi. Son travail de documentariste a d'ailleurs été repris par Maïwenn pour Polisse, qui reprend plusieurs séquences du documentaire Brigade des mineurs : L’amour en souffrance qu'elle a co-réalisé avec Rémi Lainé, et qui fut diffusé sur France 3 en 1998.

Le Secret de l'enfant fourmi est inspiré d'une triste réalité : la pratique courante d'infanticide dans la région du Nord-Bénin. En effet, en raison de croyances, des milliers d'enfants sont sacrifiés parce qu'ils sont nés avec des signes perçus comme annonciateurs d'appartenance aux démons : position particulière pendant l'accouchement, poussée de dents, ou simple naissance prématurée. La réalisatrice Christine François explique qu'une alternative probante à ce genre de pratique est l'adoption internationale, comme le fait Cécile (Audrey Dana) avec Lancelot (Elie-Lucas Moussoko) dans le film.

Tous les comédiens africains du film, à l'exception de Gérard Hounou et Fati Ganiki, sont des acteurs amateurs, choisis lors d'un casting au Bénin, et formés pendant le tournage. La réalisatrice désirait d'ailleurs avoir des gens issus de la culture et de l'ethnie bariba, pour conserver cette logique documentaire : « Ce sont eux qui m’ont guidée, qui se sont emparés du film. Ils l’ont animé sous mes yeux. La responsabilité de ce que dévoile le film a d’emblée été partagée », confie Christine François.

Forts de leur collaboration vieille de 10 ans, Christine François et son compositeur, Jean-François Hoël, ont tenté de faire coexister les deux mondes, occidental et africain, au sein de la bande son et de l'univers sonore du film. On y croise ainsi de la musique africaine, des bruits de nature, mais aussi du rock et de la guitare électrique.

Le jeune acteur Elie-Lucas Moussoko, qui fut choisi parmi plus de 70 autres enfants, n'avait jamais mis les pieds en Afrique avant le tournage. Ce qui a d'ailleurs posé problème lorsqu'il a dû jouer la scène de transe. Christine François lui a alors fait écouter des enregistrements, et a aussi projeté des images qu'elle avait tournées au Bénin pour lui donner le ton de la scène.

Fati Ganiki, l'interprète de la mère analphabète de Lancelot, est en réalité une femme instruite qui a voulu participer au film pour témoigner et prendre position sur les problèmes qui rongent cette région du Bénin. Audrey Dana raconte que, pendant le tournage, il était courant de voir des dizaines et des dizaines d'enfants regarder le film se faire, vivant autour de l'équipe technique et du plateau. Mais malgré cette effervescence, la comédienne fut frappée par la rigueur de cette petite foule : à l'instant où l'assistant criait « Moteur ! », tout le monde faisait le silence.

Alors que le film était en préparation, l'ONU a eu connaissance du scénario, et l'un de ses porte-paroles, Franciscans International, a organisé un forum sur l'infanticide à Cotonou, capitale économique et plus grande ville du Bénin, où fut également projeté le film. La projection s'est d'ailleurs faite en présence de Pierre Bio Sanou, un homme qui a passé plus de 30 ans de sa vie à sauver ces enfants et à faire évoluer les mentalités (le film est également dédicacé).

Christine François

Le Secret de l’enfant fourmi

Christine François est une réalisatrice française née le 1er mai 1962 à Lille. Elle a une maîtrise de philosophie et est diplômée de La Fémis. Christine François enseigne également au cours Florent. Entre 1990 et 1998, elle travaille avec la productrice Véronique Frégosi et réalise trois téléfilms, notamment Le Poids du corps avec Gérard Desarthe, Gérard Dauzat, Karen Oubraham. En 1997, elle adapte et porte à l’écran le scénario de Dodine Herry, Nanou ou Gaëlle… En 98, elle se tourne vers le documentaire et co-réalise, avec Rémi Lainé, Brigade des mineurs : L’amour en souffrance (un 90 minutes pour France 3) ainsi que Ma petite chérie (pour l'émission Strip-tease). La cinéaste Maïwenn s'inspirera en partie de ces films pour l'écriture de Polisse (Prix Spécial du Jury à Cannes, en 2011). Christine François réalisera avec le même co-auteur Le Mal de grandir : Passages d’adolescents en psychiatrie, en 2000. En 2002, elle écrit et tourne, avec la comédienne Jade Duviquet, un documentaire sur le deuil et la filiation, Le Chemin de Jade (production Adalios).

Elle rencontre ensuite, au sein la productrice Blanche Guichou et réalise en 2004 le documentaire J'ai deux mamans (portrait d’une famille homoparentale).

De 2004 à 2008, elle écrit, avec la collaboration de Maurice Rabinowicz, Gaëlle Macé et Sophie Fillières, son premier long-métrage Le Bruit des Enfants Fourmis. Le film, tourné en partie au Bénin, est sorti le 2 mai 2012 sous le titre Le Secret de l'enfant fourmi.

 
 

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