16è Festival des Cinémas d'Afrique de Besançon, 2021

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Le Franc

Réalisé par Djibril Diop Mambety

Sénégal – 1999-  45min – Vostfr

Samedi 6 Novembre - 16h - Cinéma des Beaux-Arts

Marigo est musicien, mais sa logeuse lui a confisqué son instrument, un congoma, car il n’a pas payé le loyer depuis trop longtemps. Heureux possesseur d’un billet de loterie, il décide de le mettre en sécurité et le colle sur sa porte, derrière le portrait d’un héros de son enfance, Yadikone. Le soir du tirage, le billet de Marigo sort gagnant. Il se voit déjà millionnaire et rêve à mille congomas, un orchestre, un avion particulier… Mais impossible de décoller le billet. Il est contraint d’enlever la porte de ses gonds. Le voilà parti. La porte sur la tête, il traverse la ville pour toucher son gain au bureau de la Loterie Nationale…

La Petite Vendeuse de Soleil

Réalisé par Djibril Diop Mambety

Sénégal - 1999 - 45min – Vosfr

Samedi 6 Novembre - 16h - Cinéma des Beaux-Arts

La vente de journaux à la criée dans les rues de Dakar est l’apanage des garçons. Mais depuis ce matin cette exclusivité est remise en cause. Que s’est-il passé ? Sili, une jeune fille, vit sur les trottoirs et se déplace à l’aide de béquilles. Mendiante, elle tend la main là où les garçons proposent des journaux. Mais ce matin, elle a été violemment bousculée par ces garçons et en a été profondément humiliée. Sa décision est prise. Dès demain, elle vendra des journaux. Ce qui est valable pour l’homme l’est également pour la femme. Ce petit monde des vendeurs est sans pitié. Elle y rencontrera la douleur, le rêve… et enfin l’amitié.

La Bataille d'Alger

Réalisé par  Gillo Pontecorvo

Italie – Algérie 1970 – 2h02 VOSTFR

Jeudi 11 Novembre - 14h - Cinéma des Beaux-Arts

Octobre 1957. Les paras du colonel Mathieu cernent le refuge d’Ali-La- Pointe, responsable de la guérilla urbaine. Pendant ses heures de réclusion forcée, Ali revit l’itinéraire qui l’a conduit de l’état de délinquant et proxénète à celui de chef guérillero du F.L.N. Novembre 1954, l’organisation terroriste entreprend son activité en Algérie ; ce sont les premiers attentats à la bombe dans les bars, les gares et les cinémas de la « ville européenne ». Ali devient l’un des chefs de l’organisation, sous la direction de Ben M’Hidi, alors qu’arrivent à Alger les parachutistes salués par la population européenne. Le colonel Mathieu, mettant à profit une grève, pénètre dans le quartier arabe et procède aux premières arrestations...

Le film de Gillo Pontecorvo, Lion d'or à Venise en 1966 a longtemps eu des démêlés avec la censure française au même titre que tous les films traitant du conflit algérien. Réalisé seulement 3 ans après la signature des accords d’Evian la plaie était encore trop béante pour que les esprits soient prêts à accepter une telle remise en question de la politique de décolonisation de la France. Sans aucune vedette, Gillo Pontecorvo cinéaste engagé place résolument son métrage dans la veine documentaire pour restituer à travers les évènements qui ont ensanglanté Alger l’ensemble du processus qui a obligé la France à reconnaître que sa domination sur cette colonie conquise en 1830 n’était plus viable. S’il prend clairement parti pour le FLN, Pontecorvo n’est jamais outrancier dans sa démonstration. A la vue du film et du statut des algériens sur leur propre sol qu'il met en exergue on se dit que l’issue vers l'lindépendance était fatale et que l’honneur de la France aurait été de le reconnaître plus tôt. Les différences de classes sociales quand elles sont trop marquées sont déjà difficiles à accepter et portent en elles le germe révolutionnaire. Comment peut-on imaginer que l’on va réduire tout un peuple au sous prolétariat pendant qu’une classe moyenne composée de colons va pouvoir émerger sur un territoire qui n’est pas le sien ? L’explosion était inévitable, on ne pouvait pas demander plus longtemps aux algériens de vivre dans la misère avec pour seul spectacle en rentrant du labeur, la jeunesse pied-noir qui s’amusait à la plage ou dans les dancings. Pontecorvo dissèque très bien la réaction en chaîne d’un pouvoir qui ne veut pas voir la réalité en face et qui croît que l’intimidation et la répression sanglante suffiront à repositionner chacun selon l’ordre établi. C’est le colonel Mathieu joué un Jean Martin qui fera la meilleure analyse de la situation là où les politiques sont le plus souvent aveuglés par les puissants lobbys qui demandent à ce que leurs intérêts soient défendus bec et ongles. Sans aucun pathos le film rend compte des horreurs d’une guerre urbaine qui se règle à coup d’attentats terroristes et de torture. On comprend mieux après avoir vu le film que tout ait été fait par les autorités de l'époque pour éviter que le film soit vu par le plus grand nombre. La question qui se pose en 2012 est de savoir si l’histoire apprend quelque chose aux hommes.



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